top of page

Le congé maternité, un moment de repos et de réflexion

tiroir avec affaires de bebe

Ce début de printemps marque ma reprise après quatre mois de congé maternité. C’était une immense joie et privilège de pouvoir profiter pleinement des premiers mois de vie de ma fille. En même temps, cette pause s’est avérée plein de défis pour moi qui aime la routine, la certitude, l’efficacité.


J’avais des projets pour mon congé maternité, mais finalement j’ai terminé par “rien” faire. D’abord par nécessité et puis par volonté, j’ai vécu au rythme de ma petite.


Le fait qu’un nouveau-né n’a pas de notion de temps (il vit dans le présent) ni d’obligation (il exprime ses besoins sans gêne) m’a fait intégrer plein de concepts que, j’avoue, étaient jusque là principalement dans ma tête. En voici quelques uns:


  • Le temps passe quelque soit notre état d’esprit. Autant être présent et savourer chaque instant. Dernièrement je pense beaucoup au dicton japonais, mono no aware (物の哀れ), qui exprime la nostalgie et l’impermanence des choses. Souvent on ne sait pas qu’on fait quelque chose d’anodin pour la dernière fois. Par exemple, ce n’est qu’en voyant qu’un pyjama préféré est devenu trop petit que je me suis rendue compte que la fois d’avant avait été la toute dernière fois que je le mettais à ma fille.

  • Prendre le temps n’est pas une perte de temps. En ralentissant, j’ai appris à apprécier le processus et non seulement le résultat. On est souvent pressé, ce qui rend le quotidien stressant. Pendant mon congé maternité j’ai pris énormément de plaisir à passer des journées entières sans engagements. Cela m’a permis à faire des rencontres, découvrir des nouveaux chemins, apprendre des nouvelles choses...tout en faisant des choses du quotidien. En allant à la pharmacie un matin, j’ai croisé un monsieur qui venait de cueillir des coings de son jardin. En plus de remplir mon sac et partager ses recettes familiales, il m’a régalé avec des histoires de notre quartier (et sa belle-fille est japonaise comme moi !). Un rencontre qui m’a rappelé comment prendre notre temps peut enrichir nos journées.

  • Les espaces vides créent la sérénité. Non seulement le vide nous aide à calmer l’esprit, que ce soit dans sa maison ou dans son horaire, garder de la place vide nous permet de mieux gérer les imprévus. Plus concrètement, cela veut dire se donner plein de temps de tampon avant une sortie ou consacrer une étagère comme “boite de reception” de cadeaux le temps de lui trouver une place chez soi (ou ailleurs). Gare au phénomène de “toujours pressé, toujours en retard”.

  • C’est suffisant de faire ce qu’on peut, même si ce n’est pas tout ce qu’on veut. Nous sommes encouragés à être ambitieux, à tout vouloir et atteindre. Non seulement c’est impossible, l’idée même est malsaine. Soyons honnêtes avec nous-mêmes sur ce qu’on peut faire et disons “non” ou “peut-être” au reste. Changer ou même annuler les projets est un privilège que la plupart d’entre nous devrait s’accorder plus souvent, jeune maman ou non. En décidant consciemment ce que nous allons faire, nous minimisons l’anxiété de devoir tout faire ou la culpabilité de ne pas avoir accompli tout ce qu’on voulait. Même Marie Kondo a récemment déclaré qu’elle priorisait le temps avec sa famille plus que le rangement.

  • Gardons l’esprit de kaizen (改善), ou petites améliorations au quotidien. Une astuce qui marche pour endormir ma fille peut ne plus marcher le lendemain. Un rangement peut ne plus être adapté lors qu’on change de taille de vêtements. Rester figé dans ses habitudes ou sa mentalité n’est propice pour personne. La souplesse est une force.

  • La gratitude nous mène au contentement. Arrêtons de regarder vers l’extérieur, que ce soit notre entourage, les gens parfaits sur les médias sociaux ou même notre image de nous-même. Contentons-nous d’être contents, soyons confortés en sachant que nous sommes exactement là où nous devons être. Il n’y a nul besoin de vivre toujours extasié (qu’est-ce que ce serait fatigant !). Soyons bienveillants, patients et reconnaissants envers nous-mêmes. Valorisons et remercions nos proches, notre maison et nos affaires qui nous soutiennent au quotidien.

Yuri Saito

Comments


bottom of page